[« Lost, In… » #2] Mark of the Ninja

Mark of the Ninja – PC, MAC

De Sang et d’Encre

« Qu’est-ce qu’un shinobi ? Toute ma vie je me suis posé cette question, des affrontements les plus sanglants aux moments les plus intimes, je me suis demandé: « Qu’est-ce qu’un ninja, de quoi est réellement faîte notre existence et pourquoi menons-nous une vie de ténèbres, de sang et d’anonymat ? Tant de questionnements découlent de cette interrogation en apparence banale et au terme de ma vie, je pense avoir trouvé une part de réponse… »

Mémoires d’un Shinobi, Shima Tetsuji

Introduction 

Le ninja est un artiste, un artisan dont le pinceau est la lame et la peinture, le sang. Chaque meurtres, chaques diversions, sont de nouvelles touches de couleurs et de formes sur la Toile. La lame traverse les corps comme une brise d’air et le sang virevolte dans les airs pour se poser en avec une furieuse délicatesse dans la salle. Un homme venait d’être tué.

La Toile, c’est la matrice même de notre art. La Toile, c’est chaque feuilles, chaque murs, chaque sons, chaques hommes à tuer, chaques lames. Je peins sur cette Toile car ma vie en dépend à chaque instants. Pas le droit à l’erreur, juste au meurtre. Entre Lumière et Ombre, je subsiste; entre Vie et Mort, j’assassine. Je suis l’artisan et le broyeur, l’architecte et le démolisseur, je suis un shinobi.

La Voie de la Lumière

 « La Voie de la Lumière implique une maîtrise parfaite du  premier Pinceau: La Lame. En effet, ce chemin implique un respect total de la Lumière et par conséquent de grandes compétences avec les autres outils. Ce n’est probablement pas la façon la plus aisée de peindre mais c’est une des plus gratifiantes. » – Shima Tetsuji

Le Bastion Figé

Le tonnerre fait vibrer les ombres et donne vie à aux corps silencieux qui errent autour du château. Les coups de pinceaux sont zizaniques et les couleurs éblouissantes. Mais pas un éblouissement de beauté, chaud et chaleureux, non plutôt une sorte de lumière noire. Un jaune emplit d’une obscurité invisible et pourtant palpable, comme la tension qui embaume l’air…                                                                                                                                                                                       Le premier garde est éclairé par un lampadaire, devant le porte arrière du château. Deux larges lignes de peinture noire plus tard et je le surplombe, les pieds posés sur la tige de métal lumineuse, ma chaîne l’enlasse délicatement. Le temps se fige et je donne un brutal coup de pinceau descendant, les étincelles de ma chaîne laissent échapper des touches projetées d’un jaune orangé métallique.Un nouveau coup de tonnerre retentit, laissant apparaître la silhouette du pendu. Point de rouge, juste un son net et violent, la rupture d’une nuque. un cercle de points gris et blanc explosés entourent la Toile.

Je passe la porte et pénètre dans l’antre des cadavres, car ils le sont déjà, décédés.

L’air se disloque alors que je traverse la pièce, si vite que le garde n’a pas le temps de percevoir les sons dans l’obscurité. Un éclat blanc effleure la Toile et me voila dans les airs au-dessus de mon ennemi. Je retombe derrière lui et me retourne en pivotant sur moi même. Un cercle noir se transforme en un tourbillon de nuances de gris, et je dessine un demi-cercle lumineux avec maLame. Elle devient le prolongement de mon bras. Le contact entre la chair et l’arme donne naissance à un bruit sourd de vide. Des jets rouges fusent de la Toile, en un instant de calme plat. Il est mort.

Les cadavres forment un chemin, la trace de mon passage, tantôt violent et bruyant, tantôt discret et expéditif, mais toujours dans le sang. Au terme de ma descente au coeur des ténèbres, je le trouve là, tremblant de peur et tenant son pistolet. Mon ennemi, celui qui s’en est prit à mon clan, il se tenait là. Alors j’ai marché jusqu’à lui, chaque pas me rapprochant de lui se faisant un peu plus lourd; alors je l’ai combattu, il a résisté malgré sa terreur et il a trépassé. Une explosion de couleur et de sang. J’ai mutilé son corps jusqu’à ce qu’il ne reste plus une seule goutte de peinture à expulser de sa carcasse et je m’en suis allé, loin.

Au terme de cet exercice de style sur la Toile, le constat est sans appel. Une violence morbide et pesante se dégage de cette peinture. Le souffle s’est perdu dans les méandres de la Lame et il ne reste rien de vivant dans ce château, à part moi et mon oeuvre. Un souvenir glauque, violent et sanglant, à n’en point douter.

La Voie de l’Ombre

« Il m’aura fallut des années d’entraînements pour comprendre cette Voie et en apprendre l’utilisation. Le tatouage du Dragon d’Encre apposé sur mon corps m’a donné accès au pouvoir de l’Encre, dans ses plus noirs tréfonds. Ainsi ma malédiction est de finir fou, condamné, enchaîné, rejeté de tous. C’est mon lot aujourd’hui, la Marque apposé sur mon corps est ma damnation mais je ne finirais pas sans laisser mon héritage derrière moi. Je me dois donc de vous apprendre ce qu’est la Voie de l’Ombre. » 

La Forteresse technologique

Tout de blanc vêtu, sans la Lame, je m’avance dans l’ombre. Pas d’armes, à peine quelques artifices en poche: Deux fumigènes, une mine à pics et mes capacités. C’est du second Pinceau dont je dispose ici, le plus ardu à maîtriser: l’Oeil. Cette sorte de pouvoir magique est au condamné ce qu’est le bruit de la guillotine qui glisse, un pas de plus vers ma déchéance inévitable. Et pourtant c’est la clé de ma réussite, tout du moins cette nuit… Car cette nuit est spéciale, je vais devoir infiltrer une forteresse et la faire brûler. La consumer, jusqu’à ce qu’une montagne de cendres ne la remplace à ma vue, jusqu’à ce que chaque hommes à l’intérieur se soit transformé en poussière. Tel est mon devoir aujourd’hui. Une nouvelle Toile s’offre à moi et ainsi un nouveau tableau, d’une toute autre sorte.

Ce sont les lumières de la ville qui modèlent cette fois les contours du bâtiment. Une gigantesque colonne noire s’élevant jusqu’au faîte de la Toile. Une autre colonne, grise cette fois, se plante à quelques centaines de mètres du  bâtiment. Je prends mon élan, dépose légèrement quelques traces d’un gris lumineux pendant ma course, et m’élance. Je fends les airs dans une traînée d’argent qui illumine la nuit noire; et comme un chat noir, retombe sur mes pattes, posé sur une longue tige de métal, tout près d’un conduit d’aération menant aux entrailles de la forteresse. Je les imagine déjà repeintes, de quelle couleur je ne sais pas, sans arme nulle boucherie, non ce sera quelque chose de plus raffiné. Et plus complexe par la même occasion, cette mise à l’épreuve semble inévitable.

Me voilà dans le bâtiment, au coeur de la forteresse. La brise s’est infiltrée à l’intérieur des murs et résonne dans ma tête comme un compte-à-rebours.Tic-tac, tic-tac, il me faut réfléchir… Chaque seconde s’écoulant résonne comme une vibration, un éclat de sable doré… Le temps presse, je désactive les lasers de sécurité du conduit à l’aide d’un kunaï et m’approche da la grille d’aération intérieure, et jette un rapide coup d’oeil. Un chien et deux gardes. Aisé en apparence, seulement en apparence… Le chien dispose du flair, il détecte les traces de couleurs que je laisse sur mon chemin, c’est un problème. Une bombe fumigène les alerterai rapidement mais je pourrais atteindre le conduit d’aération du plafond avec même qu’ils ne me voient. Ou alors une mine à pics pourrait traverser l’animal, le faisanr taire à jamais… Non, je ne veux de rouge sur ma Toile, tout cela se déroulera sans que j’ai à teinter ce tableau d’une touche de sang. Pas une seule. Des bruits de pas, le chien approche du  conduit… Pas de temps à perdre, je remonte le conduit dans le sens inverse et observe l’environnement avec l’Oeil… Il finit par partir et je décidé d’utiliser la fumigène. Que la peinture commence.

Deux pas légers, un saut en l’air et une bombe lancée. Une fine couche d’un blanc grisâtre recouvre la partie inférieure de la Toile avant qu’un trait noir ne la tranche nette. C’est ma chaîne-grappin, me voilà dans le conduit d’aération du plafond. Il sont alertés et commencent à crirer leur jargon appeuré. Le chien aboie et crache sa salive animale.

Je n’ai pas le temps de m’occuper de ceux-là, un devoir d’une plus grande importance m’appelle….

Me voilà dans les conduits exigus de ce monstre prêt à m’avaler à tous moments. Cette tension étouffante d’échouer dans ma mission. Pas temps pour les craintes, plus de temps pour les regrets. La Toile semble se restreindre encore un peu plus à chaque pas, à chaque fois que mon pinceau effleure sa surface. Voilé est mon regard, progressivement happé par le grand fond du tableau. Est-ce l’effet de la Marque ? Est-ce donc la fin ? Non, l’étau se resserre, indéniablement… Je suis arrivé. Grande salle, un lustre en hauteur, des touches de bleues électriques outrepassant la barrière des fenêtres et deux gardes discutant. Un homme, moi, quelques centimètres sous leurs pieds. La solution de la bombe fumigène est trop simple, et la Toile serait étouffée par tant de touches claires et explosées. Un kunai bien placé pourrait traverser la Toile jusqu’au lustre pour les écraser. Trop sanglant, quoique…

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Sans un bruit et pourtant si furieux, la lente chute est inexorable. La masse dilue ses couleurs dans la Toile, devenant tour à tour blanche, grise, or et noire, pour finalement se poser en fracas. Deux corps disparaissent dans la poussière de cristal blanc, un sable doré mélangé aux débris de verre scintillant dans l’air. La peinture dorée serpente entre les touches de cristaux bleutées, la salle est vide de tout souffle humain pour encore une seconde. Un shinobi émmerge de sa prison noire après la tempête fugace. Ainsi un meurtre avait été commis. 

Le temps s’écoule. Tic-tac, tic-tac, tic-tac. Le sable est non plus or mais noir. Les grains se vident, un-à-un, et la guillotine glisse encore un peu plus à chaque tintement de l’horloge de la fin. Un bâtiment, une forteresse plongée dans l’obscurité. Elle est enraçinée dans la nuit, comme si le temps lui même s’était arrêté à l’avènement des ténèbres provisoires. Tic-tac, tic-tac, tic-tac. La Flamme s’élève, un brasier incontrôlé se forme, il semble imploser. Une seconde, tic-tac. Les couleurs sont violemment expulsées; rouge, orange, jaune. Elles s’étalent sur la Toile dans une convulsion violente.. Répulsées qu’elles sont, elles s’implantent profondément dans le vide du décor qui disparaît pas à pas. Et des milliers de pas après, une ombre ressort indemne du cratère de cendres. Un shinobi, ou plutôt un monstre sans nom, je ne sais plus.

De Sang et d’Encre

« Avant de m’en aller, je voudrais laisser un présent. Un cadeau d’une valeur inestimable à mes yeux. Ceux qui liront ces Mémoires le recevront sans nul doute. Ceci est mon héritage, ce que je laisserais à toutes les générations présentes et à venir. Le shinobi… Le ninja est un être d’un autre temps. Notre ère est finie mais une nouvelle est à l’aube de ce temps. Ma, que dis-je, notre malédiction est inébranlable. Il en a et en sera toujours ainsi. Nous ne sommes pas adaptés à cette nouvelle ère de technologie. J’ai un vide immense dans le coeur en y songeant, une terrible faille au coeur même de mon âme. Nous… Notre monde a évolué mais les valeurs du shinobi se sont perdues dans les méandres de la mémoire collective de notre peuple.  Nous disparaîtrons, notre savoir avec nous. Et le dernier des shinobi ne prendra point de disciple, c’est une certitude. Nous finirons en parias de la société. Rejetés de tous, agonisant aux pieds de nos adversaires d’antan. Peut-être est-ce ma faute au fond ? Jai failli, la Marque et son pouvoir destructeur m’ont corrompus jusqu’à l’os; mais je reste convaincu du bien fondé de mes actions. Et si ce n’est pas le cas, j’assumme entièrement les conséquences de mes actes. La malédiction que j’ai abattu sur le clan Tetsuji est immortelle et celui qui restera debout à la fin aura l’immense  supplice de subsister seul, dans la vieillesse. Je lui souhaite toute la volonté d’esprit et de corps possible. Car dans l’Ombre et la Lumière, il subsistera jusqu’à son dernier souffle. Car il est un ninja. » – Shima Tetsuji

L’artiste ne peint pas pour la technique, bien qu’elle lui soit nécessaire, il peint, sculpte, souffle, taille, entaille, court, marche, brode, construit, détruit, démolit, bâtit et respire pour son art. Le shinobi est en celà similaire qu’il ne voit pas le meurtre, la destruction, l’empoisonnement, l’empallement, l’écrasement ou simplement l’assassinat comme une fin en soi. Sage est celui qui un jour à dit que le voyage est plus important que la destination. Nous peignons sur la Toile comme si notre vie en dépendait car elle, est si éphémère. La Toile, elle, est infinie, intemporelle, elle respire, vit, meurt et renaît à nouveau tel le phénix. Elle est dans chaque être, chaque plante, chaque animal, chaque partie de cet univers. Mais elle ne subsiste en tant que notion concrète qu’à travers les shinobis. Ce sont les artistes qui font l’oeuvre et l’oeuvre qui façonne l’artiste. Ainsi si l’un décède, l’autre meurt aussi. Peut-être ma pensée est-elle égoïste mais ce n’est pas tant la mort qui m’attriste. L’individu, le ninja, survit dans l’âme de chacuns et chacunes. La mort de l’un des nôtres est toujours un moment de grande tristesse mais jamais la fin. Mais quand, un jour, après des décénnies et des décénnies, quand le dernier des nôtre rendra son dernier souffle, la Toile disparaîtra avec lui.   Toute notion, même infime, de l’existence de la Toile cessera d’exister. Tous les livres d’histoire du monde ne suffiraient à résumer la présence d’un tel concept en ce bas monde. Notre oeuvre s’en ira dans les nuages du printemps, entouré des pétales du cerisier. Seul le shinobi comprend réellement le sens et la portée de son oeuvre. Mais tout cela retournera au néant, dans des siècles. Vois-je donc trop loin dans l’avenir ? Non, ceci est inéductable.

Mais l’heure est venue pour moi. Mon temps est venu, mon heure approche. Les lames sont à ma porte, les poignards sont sous ma gorge; c’est vrai, mais jamais au grand jamais, je ne quitterais ce monde sans laisser mon emprunte. Il est temps pour moi de m’éveiller à l’Oeil et de tremper ma Lame. Je suis Shima Tetsuji et ceci est mon tableau.

 

Lost In…the Canvas.

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